Nombres · 4 affiches · formule n° 60
La formule du binôme de Newton
La formule du binôme de Newton donne le développement de (a + b)^n pour tout entier naturel n. Chaque terme est un produit de puissances de a et de b, multiplié par un coefficient binomial qui compte les façons de l’obtenir.
Quatre styles
Les affiches
La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.
Ce que dit la formule
Pour tout entier naturel et tous nombres réels ou complexes et :
- : l’exposant, un entier naturel ().
- : on additionne les termes obtenus pour ; il y en a .
- : le coefficient binomial, qui se lit « parmi » et vaut , avec et .
- : dans chaque terme, les exposants de et de ont pour somme . Par convention , même si ou est nul.
Écrite en entier, la formule donne
Pour , c’est l’identité remarquable ; pour , .
Les conditions comptent. L’exposant doit être un entier naturel : pour ou , la somme finie n’a pas de sens, et il faut une série infinie (la formule du binôme généralisée, valable sous conditions). Il faut aussi que : pour des matrices qui ne commutent pas, vaut , qui diffère en général de .
Un exemple
Développer . On prend , , . Les coefficients binomiaux pour sont .
- : .
- : .
- : .
- : .
- : .
Donc . Vérification pour : et .
Un calcul approché. . Les quatre premiers termes donnent 1,104 62, et la valeur exacte est environ 1,104 622 125 : les termes suivants sont minuscules.
Deux conséquences. Avec , on obtient : un ensemble à éléments a sous-ensembles. Avec et , on obtient, pour , .
Pourquoi c’est vrai
Par dénombrement. est le produit de facteurs égaux à . Pour développer, on choisit dans chaque facteur soit , soit , on multiplie les lettres choisies, et l’on additionne les produits ainsi obtenus. Un choix qui prend dans exactement facteurs, et dans les autres, donne le produit (c’est ici qu’on utilise pour regrouper les lettres). Le nombre de tels choix est le nombre de façons de désigner les facteurs qui fournissent parmi les , c’est-à-dire . En regroupant, on obtient exactement la formule.
Par récurrence. On peut aussi écrire et développer : les coefficients obtenus suivent la règle du triangle de Pascal, . Cette démonstration est détaillée sur la page du triangle de Pascal.
Les programmes de l’atelier vérifient la formule en développant pas à pas jusqu’à en nombres entiers exacts, en énumérant les choix jusqu’à , sur 3 000 cas exacts avec des entiers jusqu’à un million, sur 10 000 cas réels et 3 000 cas complexes tirés au hasard.
Un peu d’histoire
Des cas particuliers sont très anciens : le cas figure, sous forme géométrique, dans les Éléments d’Euclide. Les coefficients binomiaux apparaissent en Inde comme nombres de combinaisons, et le commentateur Halayudha (Xe siècle) décrit un procédé équivalent au triangle arithmétique. Le mathématicien persan al-Karaji (953-1029) aurait écrit un livre, aujourd’hui perdu, contenant la formule et une table des coefficients ; un énoncé explicite se trouve au XIIe siècle chez al-Samaw’al, qui l’attribue à al-Karaji. En Chine, Yang Hui (XIIIe siècle) présente le triangle en l’attribuant à Jia Xian, au XIe siècle.
En Europe, le triangle est étudié par plusieurs auteurs au XVIe siècle, puis de façon systématique par Blaise Pascal dans son Traité du triangle arithmétique. Isaac Newton, vers 1664-1665, étend la formule à des exposants qui ne sont pas des entiers naturels, sous forme de série infinie : c’est cette généralisation qui lui vaut d’avoir donné son nom à la formule, connue bien avant lui pour les exposants entiers. Le binôme est resté un symbole de mathématiques savantes : chez Conan Doyle, dans Le Dernier Problème, le professeur Moriarty a écrit dans sa jeunesse un traité sur le théorème du binôme.
Ce que montre l’affiche
Le dessin développe choix par choix. Chacune des façons de prendre ou dans les trois facteurs est une rangée de trois carreaux, marqués ou . Les rangées sont regroupées en colonnes selon le nombre de : on compte 1, 3, 3 et 1 rangées, c’est-à-dire , et sous chaque colonne figure le terme correspondant, , , et . Les rangées sont énumérées par le programme de l’atelier, qui vérifie que la somme des huit produits redonne bien . L’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.
Pour aller plus loin
- Le triangle de Pascal, où se lisent tous les coefficients binomiaux.
- Les identités remarquables, le cas .
- La loi binomiale, qui doit son nom à cette formule.
- Le nombre e, limite de , que le binôme permet de développer.
Sources : Formule du binôme de Newton (Wikipédia) (nouvel onglet), Binomial theorem (Wikipedia) (nouvel onglet), Binomial Theorem (MathWorld) (nouvel onglet), NIST DLMF, § 1.2 (nouvel onglet).
Vérifiée par le calcul
Les contrôles de cette formule
Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode
- développement pas à pas de (a + b)ⁿ : les coefficients sont n!/(k!(n − k)!), calcul exact pour n = 0 à 100
- dénombrement : parmi les 2ⁿ choix de a ou de b dans les n facteurs, exactement C(n, k) prennent k fois b (n = 0 à 16, choix énumérés)
- calcul exact sur 3 000 cas : a, b entiers relatifs jusqu’à 10⁶, n jusqu’à 40
- 10 000 cas réels tirés au hasard (a, b entre −3 et 3, n jusqu’à 30)écart relatif maximal 8.62e-16
- 3 000 cas complexes (n jusqu’à 20)écart relatif maximal 8.51e-16
- a = b = 1 : la somme des coefficients vaut 2ⁿ ; a = 1, b = −1 : la somme alternée vaut 0 (n = 1 à 60)
- dessin : 8 choix, groupes de 1, 3, 3, 1 = C(3, k) ; la somme des 8 produits vaut (a + b)^3 pour 1 000 couples d’entiers
- deuxième ligne de l’affiche : a^3 + 3\,a^2b + 3\,ab^2 + b^3
- il faut ab = ba : pour deux matrices qui ne commutent pas, (A + B)² ≠ A² + 2AB + B²
- n entier naturel : pour n = −1, (1 + 1)⁻¹ = 1/2 alors que la somme de k = 0 à −1 est vide (0)
Sources
Questions fréquentes
À quoi sert la formule du binôme de Newton ?
Elle développe directement sans multiplier fois les parenthèses. Par exemple .
Comment trouver les coefficients du binôme ?
Le coefficient de est . On peut aussi le lire à la ligne du triangle de Pascal : 1, 4, 6, 4, 1 pour .
Comment développer (a − b)^n ?
On applique la formule avec à la place de : les termes où apparaît avec un exposant impair changent de signe. Ainsi .
La formule marche-t-elle avec un exposant négatif ou fractionnaire ?
Pas sous cette forme : la somme finie n’existe que pour un entier naturel . Newton a montré qu’on peut alors écrire une série infinie, la formule du binôme généralisée, valable par exemple pour quand .
Pourquoi parle-t-on du binôme de Newton alors que la formule est plus ancienne ?
Pour les exposants entiers, elle était connue bien avant Newton, notamment en Perse, en Inde et en Chine. Newton l’a étendue vers 1665 aux exposants non entiers, d’où le nom resté en usage.



