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Physique · 4 affiches · formule n° 23

L’équation de Schrödinger

L’équation de Schrödinger dit comment évolue dans le temps l’état d’un système quantique, décrit par sa fonction d’onde. Elle est à la physique de l’atome ce que la loi de Newton est à la mécanique classique.

Voir les 4 affiches 5 contrôles par le calcul

ψ\psi est la fonction d’onde, H^\hat{H} l’opérateur hamiltonien (Schrödinger, 1926). Dessin : les cinq premiers états d’une particule dans une boîte, posés à la hauteur de leur énergie, proportionnelle à n2n^2.

Quatre styles

Les affiches

La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.

Ce que dit la formule

En mécanique quantique non relativiste, l’état d’un système est décrit par une fonction d’onde ψ\psi, à valeurs complexes, qui évolue selon

iℏ∂ψ∂t=H^ψi\hbar\, \frac{\partial \psi}{\partial t} = \hat{H}\, \psi

Pour une seule particule de masse mm placée dans un potentiel VV, l’opérateur H^\hat{H} s’écrit H^=−ℏ22m∇2+V\hat{H} = -\frac{\hbar^2}{2m} \nabla^2 + V.

  • ψ(r,t)\psi(\mathbf{r}, t) : la fonction d’onde, définie en chaque point r\mathbf{r} et à chaque instant tt. Elle n’est pas observable directement. Selon la règle de Born, |ψ(r,t)|2|\psi(\mathbf{r}, t)|^2 est la densité de probabilité de trouver la particule au point r\mathbf{r} si l’on mesure sa position ; d’où la condition ∫|ψ|2=1\int |\psi|^2 = 1.
  • ii : le nombre imaginaire tel que i2=−1i^2 = -1.
  • ℏ\hbar : la constante de Planck réduite, ℏ=h2π\hbar = \frac{h}{2\pi}, environ 1,054571817×10−341{,}054\,571\,817 \times 10^{-34} J·s. La constante de Planck h=6,62607015×10−34h = 6{,}626\,070\,15 \times 10^{-34} J·s est exacte depuis la redéfinition du Système international en 2019.
  • ∂ψ∂t\frac{\partial \psi}{\partial t} : la variation de la fonction d’onde dans le temps.
  • H^\hat{H} : l’hamiltonien, l’opérateur associé à l’énergie totale. Son premier terme, avec le laplacien ∇2\nabla^2 (somme des dérivées secondes en xx, yy, zz), correspond à l’énergie cinétique, le second à l’énergie potentielle.

Les états stationnaires. Quand VV ne dépend pas du temps, on cherche des solutions de la forme ψ=φ(r)e−iEt/ℏ\psi = \varphi(\mathbf{r})\, e^{-iEt/\hbar}. Elles doivent vérifier H^φ=Eφ\hat{H} \varphi = E\, \varphi (l’équation « indépendante du temps »). Pour une particule confinée, seules certaines valeurs de EE conviennent : l’énergie est quantifiée.

Un exemple

Prenons une particule de masse mm enfermée dans une « boîte » à une dimension de largeur LL : V=0V = 0 entre 00 et LL, et des parois infranchissables, donc φ(0)=φ(L)=0\varphi(0) = \varphi(L) = 0. Les états stationnaires sont

φn(x)=2Lsin⁡(nπxL),En=n2π2ℏ22mL2=n2h28mL2,n=1,2,3…\varphi_n(x) = \sqrt{\tfrac{2}{L}}\, \sin\left(\frac{n\pi x}{L}\right), \qquad E_n = \frac{n^2 \pi^2 \hbar^2}{2 m L^2} = \frac{n^2 h^2}{8 m L^2}, \qquad n = 1, 2, 3\dots

Vérification : la dérivée seconde de φn\varphi_n vaut −(nπL)2φn-\left(\frac{n\pi}{L}\right)^2 \varphi_n, donc −ℏ22mφn″=n2π2ℏ22mL2φn-\frac{\hbar^2}{2m} \varphi_n'' = \frac{n^2 \pi^2 \hbar^2}{2 m L^2}\, \varphi_n. Le sinus s’annule bien en 00 et en LL.

Chiffrons pour un électron (m≈9,109×10−31m \approx 9{,}109 \times 10^{-31} kg) dans une boîte de 1 nanomètre :

  1. E1=h28mL2≈6,024×10−20E_1 = \frac{h^2}{8 m L^2} \approx 6{,}024 \times 10^{-20} J, soit environ 0,376 électronvolt (1 eV =1,602176634×10−19= 1{,}602\,176\,634 \times 10^{-19} J).
  2. E2=4E1≈1,504E_2 = 4 E_1 \approx 1{,}504 eV ; l’écart E2−E1=3E1E_2 - E_1 = 3 E_1 vaut environ 1,128 eV.
  3. En retombant du niveau 2 au niveau 1, l’électron peut émettre un photon de longueur d’onde λ=hcE2−E1\lambda = \frac{hc}{E_2 - E_1}, environ 1 099 nanomètres : de l’infrarouge.

Ce modèle est très idéalisé, mais il montre l’essentiel : une particule confinée n’a accès qu’à des niveaux d’énergie précis, qui s’écartent comme n2n^2.

Pourquoi c’est vrai

L’équation de Schrödinger ne se démontre pas à partir de la physique classique : c’est un postulat de la mécanique quantique, accepté parce que ses prédictions sont confirmées par l’expérience.

On peut en revanche montrer comment on la devine ; ce n’est pas une preuve. Louis de Broglie avait proposé d’associer à une particule d’énergie EE et de quantité de mouvement pp une onde ei(px−Et)/ℏe^{i(px - Et)/\hbar}. Pour cette onde, iℏ∂ψ∂t=Eψi\hbar\, \frac{\partial \psi}{\partial t} = E\, \psi et −ℏ22m∂2ψ∂x2=p22mψ-\frac{\hbar^2}{2m} \frac{\partial^2 \psi}{\partial x^2} = \frac{p^2}{2m}\, \psi. Écrire que l’énergie est la somme de l’énergie cinétique p22m\frac{p^2}{2m} et de l’énergie potentielle VV conduit à l’équation.

Le premier grand succès fut l’atome d’hydrogène : l’équation retrouve, sans hypothèse supplémentaire, les niveaux d’énergie En≈−13,6 eVn2E_n \approx -\frac{13{,}6 \text{ eV}}{n^2} qui expliquent les raies de son spectre.

Un peu d’histoire

En 1924, Louis de Broglie propose dans sa thèse que la matière, comme la lumière, a un comportement ondulatoire. Erwin Schrödinger, alors professeur à Zurich, cherche l’équation de ces ondes à la fin de 1925. En 1926, il publie dans les Annalen der Physik une série de quatre articles intitulée Quantisierung als Eigenwertproblem (« La quantification comme problème aux valeurs propres »). Le premier retrouve les niveaux d’énergie de l’hydrogène ; la forme dépendant du temps, celle de l’affiche, apparaît dans le quatrième. La même année, Max Born propose l’interprétation de |ψ|2|\psi|^2 comme densité de probabilité. Schrödinger partage le prix Nobel de physique 1933 avec Paul Dirac.

Le chat de Schrödinger est une expérience de pensée publiée en 1935 dans la revue Die Naturwissenschaften, dans l’article Die gegenwärtige Situation in der Quantenmechanik (« La situation actuelle de la mécanique quantique »), écrit après des échanges avec Einstein. Un chat est enfermé dans une boîte d’acier avec un compteur Geiger et une infime quantité de matière radioactive : si un atome se désintègre dans l’heure, un mécanisme brise une fiole de poison. Appliquée à la lettre à tout le contenu de la boîte, la mécanique quantique décrirait au bout d’une heure un mélange, à parts égales, de chat vivant et de chat mort. Schrödinger présente lui-même ce cas comme absurde : il veut montrer qu’on ne peut pas transposer sans précaution la description quantique aux objets de notre échelle.

Aucune expérience n’a jamais mis de chat dans un tel état. Les physiciens observent aujourd’hui des superpositions sur des systèmes de plus en plus gros, jusqu’à des molécules de plusieurs dizaines d’atomes. Le phénomène de décohérence explique pourquoi les effets d’interférence disparaissent très vite pour un objet en contact avec son environnement ; la question de l’interprétation de la mesure, elle, reste débattue.

Ce que montre l’affiche

Le dessin représente la boîte de l’exemple : deux parois et un fond. Les cinq premiers états, de n=1n = 1 à n=5n = 5, y sont posés chacun à la hauteur de son énergie, proportionnelle à n2n^2 (1, 4, 9, 16, 25), d’où des marches de plus en plus espacées. Pour chacun, le programme trace la fonction d’onde, une sinusoïde qui compte nn demi-ondes, et colore en dessous la densité de probabilité |ψ|2|\psi|^2. L’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.

Pour aller plus loin

Sources : Équation de Schrödinger (Wikipédia) (nouvel onglet), Particle in a box (Wikipedia) (nouvel onglet), Schrödinger Equation (Wolfram ScienceWorld) (nouvel onglet), Schrödinger’s cat (Wikipedia) (nouvel onglet), constantes fondamentales (NIST) (nouvel onglet).

Vérifiée par le calcul

Les contrôles de cette formule

Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode

  • état n = 1 : Ĥψ = Eₙψ avec Eₙ = n²π²ħ²/(2mL²)obtenu 5.772082967148151, attendu 5.772083010021505, écart 7.43e-9 (tolérance 0.000001)
  • état n = 2 : Ĥψ = Eₙψ avec Eₙ = n²π²ħ²/(2mL²)obtenu 25.955134475008634, attendu 25.95513532412625, écart 3.27e-8 (tolérance 0.000001)
  • état n = 5 : Ĥψ = Eₙψ avec Eₙ = n²π²ħ²/(2mL²)obtenu -172.32353460849836, attendu -172.3235700145035, écart 2.05e-7 (tolérance 0.000001)
  • normalisation ∫|ψ|² = 1obtenu 0.9999999999999954, attendu 1, écart 4.55e-15 (tolérance 1e-9)
  • iħ ∂ψ/∂t = Ĥψ pour ψ = ψ₂ e^(−iE₂t/ħ)écart 4.02e-7

Sources

À lire aussi

Questions fréquentes

À quoi sert l’équation de Schrödinger ?

Elle calcule l’évolution de la fonction d’onde d’un système quantique et ses niveaux d’énergie possibles. C’est la base de la chimie quantique et de la physique des atomes, des molécules et des solides.

Qu’est-ce que la fonction d’onde ?

Une fonction à valeurs complexes qui décrit l’état d’un système quantique. Le carré de son module donne la densité de probabilité de trouver la particule à un endroit lors d’une mesure.

Que veut dire le chat de Schrödinger ?

C’est une expérience de pensée de 1935 : si l’on applique la mécanique quantique à la lettre à une boîte contenant un chat, un atome radioactif et du poison, on obtient un chat à la fois vivant et mort. Schrödinger s’en servait pour critiquer cette application naïve aux objets macroscopiques, pas pour affirmer qu’un tel chat existe.

L’équation de Schrödinger est-elle valable à toutes les vitesses ?

Non : c’est une équation non relativiste. Pour des particules rapides, on utilise des équations relativistes, comme celle de Dirac (1928).

Que vaut la constante ħ ?

ħ = h/2π vaut environ 1,054 571 817 × 10⁻³⁴ J·s, où h = 6,626 070 15 × 10⁻³⁴ J·s est la constante de Planck, fixée exactement depuis 2019.