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Physique · 4 affiches · formule n° 74

La loi de Hooke

La loi de Hooke dit qu’un ressort tire ou pousse avec une force proportionnelle à son allongement. Doubler la charge double l’allongement, tant que le ressort reste dans son domaine élastique.

Voir les 4 affiches 12 contrôles par le calcul

Force d’un ressort dont la longueur dépasse de xx sa longueur à vide (x<0x < 0 s’il est comprimé), dans le domaine élastique ; kk : raideur en N/m. Dessin : un même ressort (k=20k = 20 N/m) chargé de zéro à cinq masses de 100100 g ; l’allongement est proportionnel à la charge.

Quatre styles

Les affiches

La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.

Ce que dit la formule

Un ressort a une longueur à vide ℓ0\ell_0, celle qu’il prend quand rien ne le tire ni ne le pousse. Quand sa longueur devient ℓ\ell, on note x=ℓ−ℓ0x = \ell - \ell_0 son allongement. La loi de Hooke dit que le ressort exerce alors, sur ce qui est accroché à son extrémité, la force

F=−kxF = -k\, x
  • FF : la force exercée par le ressort, en newtons (N), comptée le long de l’axe du ressort, dans le sens de l’allongement.
  • kk : la raideur du ressort (ou constante de raideur), en newtons par mètre (N/m). Plus kk est grand, plus le ressort est dur.
  • xx : l’allongement, en mètres (m). Il est positif si le ressort est étiré, négatif s’il est comprimé.

Le signe moins dit que la force est une force de rappel : elle s’oppose toujours à la déformation. Un ressort étiré (x>0x > 0) tire vers sa position de repos (F<0F < 0) ; un ressort comprimé (x<0x < 0) repousse (F>0F > 0). Pour étirer le ressort, il faut donc exercer sur lui la force opposée, +kx+kx.

La condition essentielle : le domaine élastique. La loi de Hooke n’est valable que pour des déformations assez petites, dans le domaine élastique : quand on relâche le ressort, il reprend exactement sa longueur à vide. Au-delà de la limite d’élasticité, il se déforme de façon permanente ou casse, et la force n’est plus proportionnelle à l’allongement. Un ressort comprimé jusqu’à ce que ses spires se touchent ne suit plus la loi non plus. C’est une loi approchée, mais excellente dans son domaine.

Un exemple

Prenons un ressort de raideur k=20k = 20 N/m, suspendu verticalement, et accrochons-y une masse de 100 g. À l’équilibre, la force de rappel compense le poids mgmg, avec la pesanteur normale g=9,80665g = 9{,}806\,65 m/s² :

kx=mg⟹x=mgk=0,1×9,8066520≈0,04903 m,k\, x = m\, g \quad\Longrightarrow\quad x = \frac{m\, g}{k} = \frac{0{,}1 \times 9{,}806\,65}{20} \approx 0{,}049\,03\ \mathrm{m},

soit environ 4,9 cm. Avec trois masses de 100 g, l’allongement est trois fois plus grand : environ 14,7 cm. C’est le principe du dynamomètre et du peson : on lit une force sur une graduation de longueur.

L’énergie stockée. Pour étirer le ressort de xx, il faut fournir le travail ∫0xksds=12kx2\int_0^x k\, s\, \mathrm{d}s = \frac{1}{2} k x^2. Pour un allongement de 4,9 cm, cela fait environ 0,024 J.

Les oscillations. Si l’on écarte la masse de sa position d’équilibre puis qu’on la lâche, elle oscille avec la période T=2πm/kT = 2\pi \sqrt{m/k}, ici environ 0,444 s, quelle que soit l’amplitude tant que la loi de Hooke s’applique. C’est cette propriété qui rend les ressorts utiles en horlogerie.

Deux ressorts. Deux ressorts de raideurs k1k_1 et k2k_2 accrochés côte à côte (en parallèle) se comportent comme un seul ressort de raideur k1+k2k_1 + k_2 ; accrochés bout à bout (en série), comme un ressort de raideur k1k2k1+k2\frac{k_1 k_2}{k_1 + k_2}. Avec deux ressorts de 20 N/m, on obtient 40 N/m en parallèle et 10 N/m en série.

Pourquoi c’est vrai

La loi de Hooke n’est pas un théorème : c’est une loi expérimentale, vérifiée par la mesure dans le domaine élastique. On peut toutefois comprendre pourquoi elle marche si souvent.

L’idée. Un solide au repos est dans une position d’équilibre stable : son énergie de déformation U(x)U(x) y est minimale. Près d’un minimum, une fonction régulière ressemble à une parabole : U(x)≈U(0)+12kx2U(x) \approx U(0) + \frac{1}{2} k x^2, avec k=U″(0)>0k = U''(0) > 0 (le terme en xx est nul, car la dérivée s’annule au minimum). La force, qui est l’opposé de la dérivée de l’énergie, vaut alors F=−U′(x)≈−kxF = -U'(x) \approx -k x. Toute petite déformation autour d’un équilibre stable suit donc, en première approximation, une loi de Hooke. Les termes suivants, en x2x^2 ou x3x^3, deviennent importants pour de grandes déformations : la loi cesse alors d’être valable.

Pour les matériaux, la même idée s’écrit avec des grandeurs qui ne dépendent pas de la forme de l’objet : la contrainte σ\sigma (une force par unité de surface) est proportionnelle à la déformation relative ε\varepsilon, soit σ=Eε\sigma = E\, \varepsilon, où EE est le module d’Young du matériau.

Un peu d’histoire

Robert Hooke, savant anglais contemporain de Newton, énonce la loi d’abord sous la forme d’une anagramme latine, publiée en 1676, une façon courante à l’époque de prendre date sans dévoiler sa découverte. Il en donne la solution en 1678 dans ses Lectures de Potentia Restitutiva : ut tensio, sic vis, « telle extension, telle force ». Dans ce même texte, Hooke affirme connaître la loi depuis 1660.

Les ressorts intéressaient alors les horlogers : l’invention du ressort spiral des montres est disputée entre Hooke et Christiaan Huygens. La forme générale pour les matériaux, avec un module d’élasticité, vient plus tard : l’idée apparaît chez Leonhard Euler en 1727, Giordano Riccati la met en œuvre expérimentalement en 1782, et le module porte aujourd’hui le nom du Britannique Thomas Young, savant du XIXe siècle.

Ce que montre l’affiche

Le dessin reproduit l’expérience classique du laboratoire. Six ressorts identiques, de raideur 20 N/m, pendent d’un même support ; le premier est à vide, les suivants portent de une à cinq masses de 100 g. Pour chacun, le programme écrit pour l’atelier calcule l’allongement à l’équilibre x=nmg/kx = n\,m\,g/k ; il est marqué par un trait de couleur sous la ligne pointillée de la longueur à vide ℓ0\ell_0, et sa valeur est inscrite en bas (de 4,9 à 24,5 cm, valeurs tronquées). La droite pointillée oblique passe par le bas de tous les ressorts : les allongements sont proportionnels à la charge, comme le dit la loi. L’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.

Pour aller plus loin

Sources : Loi de Hooke (Wikipédia) (nouvel onglet), Hooke’s law (Wikipedia) (nouvel onglet), Hooke’s law (Encyclopædia Britannica) (nouvel onglet), Hooke’s Law (Wolfram ScienceWorld) (nouvel onglet).

Vérifiée par le calcul

Les contrôles de cette formule

Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode

  • dimensions : [k x] = newton, k en N/m = kg·s⁻²[1,1,-2,0,0] contre [1,1,-2,0,0] (m, kg, s, A, K)
  • dimensions : √(m/k) est un temps[0,0,1,0,0] contre [0,0,1,0,0] (m, kg, s, A, K)
  • dessin : le ressort amorti, chargé de 1 à 5 masses, s’arrête à x = n m g / kécart relatif maximal 2.83e-15
  • dessin : une masse de 100 g allonge le ressort de 4,903 cmobtenu 0.04903325, attendu 0.04903325, écart 0.00e+0 (tolérance 1e-12)
  • dessin : allongements proportionnels à la charge (droite passant par l’origine)
  • oscillations calculées pas à pas : T = 2π√(m/k) (amplitude 1 cm)obtenu 0.44428829381595225, attendu 0.4442882938158366, écart 2.60e-13 (tolérance 1e-8)
  • … et la même période pour une amplitude de 20 cmobtenu 0.44428829381595303, attendu 0.4442882938158366, écart 2.62e-13 (tolérance 1e-8)
  • contre-exemple : ressort non linéaire F = −kx − βx³, la période change avec l’amplitudeT = 0.4426 s à 1 cm, 0.2248 s à 20 cm
  • énergie élastique : ∫₀ˣ k s ds = ½ k x²obtenu 0.049, attendu 0.04900000000000001, écart 1.42e-16 (tolérance 1e-12)
  • deux ressorts en série : k = k₁k₂/(k₁ + k₂) (1 000 tirages, équilibre des forces)écart relatif maximal 5.56e-16
  • deux ressorts en parallèle : k = k₁ + k₂ (1 000 tirages)écart relatif maximal 2.21e-16
  • dessin : étiquettes calculées4{,}9 ; 9{,}8 ; 14{,}7 ; 19{,}6 ; 24{,}5

Sources

À lire aussi

Questions fréquentes

Que dit la loi de Hooke ?

Dans le domaine élastique, la force exercée par un ressort est proportionnelle à son allongement : F = −kx. Le signe moins indique qu’elle s’oppose à la déformation.

Quelle est l’unité de la constante de raideur k ?

Le newton par mètre (N/m). Une raideur de 20 N/m signifie qu’il faut 20 N pour allonger le ressort d’un mètre, ou 0,2 N pour l’allonger d’un centimètre.

Pourquoi y a-t-il un signe moins dans F = −kx ?

Parce que la force du ressort est opposée à son allongement : étiré, il tire vers sa position de repos ; comprimé, il repousse. C’est une force de rappel.

Quand la loi de Hooke ne s’applique-t-elle plus ?

Au-delà de la limite d’élasticité, quand le ressort ou le matériau se déforme de façon permanente, et plus généralement pour de grandes déformations, où la force n’est plus proportionnelle à l’allongement.

Comment calculer la raideur de ressorts en série ou en parallèle ?

En parallèle, les raideurs s’additionnent : k = k₁ + k₂. En série, ce sont les inverses qui s’additionnent : 1/k = 1/k₁ + 1/k₂.