Nombres · 4 affiches · formule n° 6
Le nombre d’or
Le nombre d’or, noté φ, est le rapport obtenu quand on coupe un segment de sorte que le tout soit au grand morceau comme le grand morceau est au petit. Il vaut (1 + √5)/2, environ 1,618.
Quatre styles
Les affiches
La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.
Ce que dit la formule
On partage un segment en deux morceaux inégaux. On dit, depuis Euclide, que le partage se fait « en extrême et moyenne raison » lorsque le rapport du segment entier au grand morceau est égal au rapport du grand morceau au petit. Ce rapport commun est le nombre d’or :
- (phi, prononcé « fi ») est le nom usuel du nombre d’or.
- est la racine carrée de 5, le nombre positif dont le carré vaut 5, environ 2,236 067 977.
- De façon équivalente, est la solution positive de l’équation .
Cette équation donne au nombre d’or des propriétés surprenantes. Son carré s’obtient en lui ajoutant 1 : , environ 2,618 033 988. Son inverse s’obtient en lui retirant 1 : , environ 0,618 033 988. Le nombre d’or est irrationnel : il ne s’écrit pas comme une fraction d’entiers, parce que ne s’écrit pas ainsi.
Un exemple
Coupons un segment de 100 cm en extrême et moyenne raison.
- Le grand morceau mesure , soit environ 61,80 cm.
- Le petit morceau mesure le reste, , soit environ 38,19 cm.
- Vérification : et . Les deux rapports sont bien égaux à .
Le nombre d’or apparaît aussi dans la suite de Fibonacci 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89…, où chaque terme est la somme des deux précédents. Le quotient de deux termes consécutifs se rapproche de , alternativement par excès et par défaut :
- et ;
- et ;
- et .
Le lien est même exact. L’autre solution de , notée , environ , est égale à . La formule de Binet donne alors chaque terme de la suite de Fibonacci (en numérotant ) : . Par exemple, elle donne bien . Comme devient vite minuscule, est l’entier le plus proche de : pour , ce quotient vaut environ 55,003.
Pourquoi c’est vrai
Prenons pour unité le petit morceau et notons la longueur du grand. Le segment entier mesure alors , et la définition s’écrit :
En multipliant les deux membres par , on obtient , c’est-à-dire . Le discriminant de cette équation du second degré vaut . Ses deux solutions sont donc , environ 1,618, et , environ . Une longueur étant positive, seule la première convient : c’est .
En divisant par , on obtient , d’où .
Cette dernière égalité explique le rectangle d’or, de côtés et 1. Si l’on en retire un carré de côté 1, il reste un rectangle de côtés 1 et . Le rapport de ses côtés vaut : c’est encore un rectangle d’or, plus petit. On peut recommencer indéfiniment.
La même égalité donne une écriture étonnante. En remplaçant indéfiniment par dans le membre de droite, on obtient la fraction continue
Si l’on s’arrête en route, on trouve successivement , , , , , … : exactement les quotients de termes consécutifs de la suite de Fibonacci. De même, conduit à .
Le nombre d’or se glisse aussi dans le théorème de Pythagore : comme , le triangle de côtés , et est rectangle, d’après la réciproque du théorème. On l’appelle parfois triangle de Kepler. Enfin, on montre que dans un pentagone régulier, le rapport d’une diagonale au côté est égal à .
Un peu d’histoire
La plus ancienne définition écrite qui nous soit parvenue est celle d’Euclide, vers 300 av. J.-C. : le livre VI des Éléments définit le partage « en extrême et moyenne raison », et la proposition 30 de ce livre (nouvel onglet) montre comment le construire. Euclide s’en sert notamment pour construire le pentagone régulier et certains polyèdres réguliers.
En 1509, le moine Luca Pacioli publie De divina proportione, illustré par Léonard de Vinci ; il y nomme ce rapport « divine proportion ». En 1597, une lettre de Michael Maestlin à Johannes Kepler en donne une valeur décimale approchée. L’expression « section dorée » (goldener Schnitt) se répand en Allemagne au XIXe siècle ; Martin Ohm l’emploie en 1835. La lettre a été choisie au début du XXe siècle par le mathématicien américain Mark Barr, en hommage au sculpteur grec Phidias. En France, l’expression « nombre d’or » a été popularisée dans l’entre-deux-guerres par les livres de Matila Ghyka.
On lit souvent que le Parthénon, la pyramide de Khéops, les proportions du corps humain ou la coquille du nautile suivent le nombre d’or. Ces affirmations sont contestées : les mesures publiées ne les confirment pas, ou les écarts constatés sont trop grands pour conclure. Le mathématicien George Markowsky en a fait l’examen critique dans « Misconceptions about the Golden Ratio » (The College Mathematics Journal, vol. 23, n° 1, 1992), et l’article Golden ratio de Wikipédia en anglais (nouvel onglet) résume l’état des connaissances.
Ce que montre l’affiche
Le dessin part d’un rectangle d’or et en retire successivement dix carrés, chacun fois plus petit que le précédent, en tournant autour du rectangle. Le programme trace ensuite la véritable spirale logarithmique qui passe par les coins de ces carrés et grandit de à chaque quart de tour. Ce n’est pas l’approximation habituelle faite d’arcs de cercle raccordés : c’est la courbe exacte, calculée par des programmes écrits pour l’atelier, à partir de la formule elle-même. L’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.
Pour aller plus loin
- La suite de Fibonacci, dont les quotients successifs tendent vers .
- La spirale logarithmique, la courbe tracée sur l’affiche.
- La relation d’Euler des polyèdres : le nombre d’or apparaît dans les coordonnées des sommets du dodécaèdre et de l’icosaèdre.
Vérifiée par le calcul
Les contrôles de cette formule
Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode
- φ² = φ + 1obtenu 2.618033988749895, attendu 2.618033988749895, écart 0.00e+0 (tolérance 1e-15)
- 1/φ = φ − 1obtenu 0.6180339887498948, attendu 0.6180339887498949, écart 1.80e-16 (tolérance 1e-15)
- décimales affichées = celles de l’OEIS A001622 (1,6180339887…)
- les coins des carrés sont sur une spirale de raison 1/φ par quart de tourécart 5.05e-13
Sources
Questions fréquentes
Quelle est la valeur exacte du nombre d’or ?
Le nombre d’or vaut exactement (1 + √5)/2. Comme il est irrationnel, son écriture décimale ne s’arrête jamais et ne se répète pas : 1,6180339887…
Quel est le lien entre le nombre d’or et la suite de Fibonacci ?
Le quotient de deux termes consécutifs de la suite de Fibonacci (1, 1, 2, 3, 5, 8, 13…) se rapproche du nombre d’or à mesure qu’on avance : 13/8 = 1,625, 89/55 ≈ 1,6181. La limite est exactement φ.
Comment construire un rectangle d’or à la règle et au compas ?
On trace un carré de côté 1 et l’on prend le milieu I d’un de ses côtés. Le cercle de centre I passant par un des sommets opposés a pour rayon √5/2 ; il coupe le prolongement de ce côté à la distance 1/2 + √5/2 = φ de l’autre extrémité, ce qui donne la longueur du rectangle d’or.
Le nombre d’or est-il partout dans la nature et dans l’art ?
Non, beaucoup de ces affirmations sont contestées ou fausses, comme celles sur le Parthénon ou le nautile. Le nombre d’or apparaît bien dans certaines figures mathématiques (pentagone régulier, dodécaèdre) et, de façon approchée, dans la disposition des feuilles ou des graines de certaines plantes.
Pourquoi le nombre d’or est-il noté φ ?
La lettre grecque φ a été proposée au début du XXe siècle par le mathématicien Mark Barr, en hommage au sculpteur Phidias. On trouve aussi la lettre τ dans certains ouvrages.



