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Physique · 4 affiches · formule n° 51

La poussée d’Archimède

Tout corps plongé dans un fluide au repos subit une force verticale, dirigée vers le haut, égale au poids du fluide qu’il déplace. C’est elle qui fait flotter les bateaux et les icebergs.

Voir les 4 affiches 8 contrôles par le calcul

Un fluide au repos pousse vers le haut tout corps immergé, avec une force égale au poids du fluide déplacé ; Π\Pi en newtons. Dessin : cinq cubes de densités 0,10{,}1 à 0,90{,}9 posés sur l’eau, chacun enfoncé jusqu’à ce que la poussée (flèche vers le haut) égale son poids (flèche vers le bas).

Quatre styles

Les affiches

La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.

Ce que dit la formule

Un corps immergé, en totalité ou en partie, dans un fluide au repos (liquide ou gaz), dans un champ de pesanteur uniforme, subit de la part de ce fluide une force verticale, dirigée vers le haut, dont l’intensité est égale au poids du fluide déplacé :

Π=ρfluideVimmerge´g\Pi = \rho_{\text{fluide}}\, V_{\text{immerg\'e}}\, g
  • Π\Pi : l’intensité de la poussée d’Archimède, en newtons (N).
  • ρfluide\rho_{\text{fluide}} : la masse volumique du fluide, en kg/m³ (environ 1 000 kg/m³ pour l’eau douce).
  • Vimmerge´V_{\text{immerg\'e}} : le volume de la partie immergée du corps, en m³. C’est aussi le volume de fluide déplacé.
  • gg : l’intensité de la pesanteur, environ 9,81 m/s² à la surface de la Terre.

La poussée s’applique au centre de poussée, le centre de gravité du fluide déplacé. Sous forme vectorielle, Π→=−ρfluideVimmerge´g→\vec{\Pi} = -\rho_{\text{fluide}}\, V_{\text{immerg\'e}}\, \vec{g}.

Deux précisions comptent. D’abord, seul le volume immergé intervient : pour un objet qui flotte, c’est la partie sous la surface. Ensuite, le fluide doit entourer le corps : un objet parfaitement plaqué contre le fond, sans fluide en dessous, ne reçoit pas cette poussée.

Flotter ou couler. Un corps de masse volumique ρobjet\rho_{\text{objet}} entièrement immergé subit la poussée ρfluideVg\rho_{\text{fluide}} V g et son poids ρobjetVg\rho_{\text{objet}} V g. S’il est moins dense que le fluide, il remonte et flotte en s’enfonçant jusqu’à ce que la poussée égale son poids. La fraction immergée vaut alors

Vimmerge´V=ρobjetρfluide.\frac{V_{\text{immerg\'e}}}{V} = \frac{\rho_{\text{objet}}}{\rho_{\text{fluide}}}.

Un exemple

L’iceberg. La glace a une masse volumique d’environ 917 kg/m³ et l’eau de mer d’environ 1 025 kg/m³. La fraction immergée vaut 917/1025≈0,894917/1\,025 \approx 0{,}894 : environ 89 % du volume d’un iceberg est sous l’eau et environ 10,5 % seulement dépasse. Dans l’eau douce, la fraction immergée serait de 917/1000917/1\,000, soit 91,7 %.

Un bloc d’acier de 1 litre. Plongé entièrement dans l’eau douce (V=10−3V = 10^{-3} m³, g=9,81g = 9{,}81 m/s²), il subit une poussée

Π=1000×10−3×9,81=9,81 N,\Pi = 1\,000 \times 10^{-3} \times 9{,}81 = 9{,}81\ \mathrm{N},

quel que soit le matériau. Avec une masse volumique de 7 850 kg/m³, son poids vaut environ 77,0 N : il coule, mais il « pèse » dans l’eau environ 67,1 N, soit 9,81 N de moins que dans l’air.

Un cube de bois. Un cube de 10 cm de côté, de masse volumique 600 kg/m³, flotte dans l’eau en s’enfonçant de 0,1×600/1000=0,060{,}1 \times 600/1\,000 = 0{,}06 m, soit 6 cm. La poussée vaut alors 1000×(0,1×0,1×0,06)×9,811\,000 \times (0{,}1 \times 0{,}1 \times 0{,}06) \times 9{,}81, environ 5,88 N, exactement son poids.

Pourquoi c’est vrai

L’argument du fluide de remplacement. Imaginons qu’on retire le corps et qu’on remplisse le trou par du fluide identique au fluide environnant. Ce « morceau de fluide » reste immobile : le fluide est au repos. Les forces de pression qu’exerce sur lui le fluide autour équilibrent donc exactement son poids, ρfluideVg\rho_{\text{fluide}} V g, et sont dirigées vers le haut. Or ces forces de pression ne dépendent que de la forme de la surface et de la profondeur, pas de ce qu’il y a dedans. Remettons le corps : il reçoit exactement les mêmes forces de pression.

Le calcul pour un cube. Dans un fluide au repos, la pression croît avec la profondeur zz : p=p0+ρfluidegzp = p_0 + \rho_{\text{fluide}}\, g\, z. Prenons un cube d’arête aa entièrement immergé, faces horizontales. Sur les faces verticales, les forces de pression se compensent deux à deux. La face du bas, à la profondeur z+az + a, est poussée vers le haut par p(z+a)a2p(z + a)\, a^2 ; la face du haut, vers le bas, par p(z)a2p(z)\, a^2. La résultante vaut

(p(z+a)−p(z))a2=ρfluidega×a2=ρfluidea3g,\big(p(z + a) - p(z)\big)\, a^2 = \rho_{\text{fluide}}\, g\, a \times a^2 = \rho_{\text{fluide}}\, a^3\, g,

le poids du fluide déplacé. Pour une forme quelconque, le même calcul, fait avec une intégrale sur toute la surface, donne le même résultat ; les programmes de l’atelier l’ont vérifié numériquement sur une sphère et sur un cube incliné.

Un peu d’histoire

Le principe est attribué à Archimède de Syracuse, savant grec du IIIe siècle avant notre ère. Il l’énonce dans son traité Des corps flottants, le premier ouvrage connu sur l’équilibre des fluides. Le livre I contient l’énoncé qui porte aujourd’hui son nom : un solide plus léger qu’un fluide s’y enfonce jusqu’à ce que le poids du fluide déplacé égale son propre poids. Le texte grec ne nous est parvenu que par un seul manuscrit, le palimpseste d’Archimède, et le traité est aussi connu par une traduction latine médiévale.

L’anecdote célèbre du bain et du cri « Eurêka ! » est rapportée par l’architecte romain Vitruve, environ deux siècles plus tard. Elle concerne une couronne dont on soupçonnait qu’elle n’était pas en or pur : selon ce récit, Archimède aurait comparé les volumes d’eau déplacés par la couronne et par de l’or pur. Ce n’est donc pas, à proprement parler, la poussée qui intervient dans l’histoire, et rien ne garantit qu’elle soit authentique.

Ce que montre l’affiche

Le dessin montre cinq cubes identiques, de densités 0,1 ; 0,3 ; 0,5 ; 0,7 et 0,9 par rapport à l’eau, posés sur une eau dont la teinte se renforce avec la profondeur, comme la pression. Pour chaque cube, le programme cherche, à partir de la formule, la profondeur à laquelle la poussée égale le poids : le cube s’enfonce de 10 %, 30 %, 50 %, 70 % ou 90 % de sa hauteur. Deux flèches de même longueur, proportionnelles à la densité, représentent le poids (vers le bas, depuis le centre du cube) et la poussée (vers le haut, depuis le centre de la partie immergée). Le dessin est calculé par des programmes écrits pour l’atelier ; l’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.

Pour aller plus loin

Sources : Poussée d’Archimède (Wikipédia) (nouvel onglet), Archimedes’ principle (Wikipedia) (nouvel onglet), Archimedes’ principle (Encyclopædia Britannica) (nouvel onglet), On Floating Bodies (Wikipedia) (nouvel onglet).

Vérifiée par le calcul

Les contrôles de cette formule

Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode

  • dimensions : [ρ V g] = newton[1,1,-2,0,0] contre [1,1,-2,0,0] (m, kg, s, A, K)
  • cubes du dessin : à l’équilibre, fraction immergée = ρ_objet/ρ_eauécart maximal 1.11e-16
  • sphère immergée : ∮ pression = ρ V g, vers le hautobtenu 41.07802198474163, attendu 41.077999461768464, écart 5.48e-7 (tolérance 0.00001)
  • sphère immergée : pas de force horizontaleF_x = 1.92e-14 N
  • la profondeur ne change rien : même poussée à 1,9 mobtenu 41.078021983110936, attendu 41.077999461768464, écart 5.48e-7 (tolérance 0.00001)
  • sphère enfoncée de 6 cm sur 20 : Π = ρ V_immergé g (calotte), pas ρ V gobtenu 8.872850508714832, attendu 8.872847883741988, écart 2.96e-7 (tolérance 0.0001)
  • cube incliné de 30° : la pression intégrée sur ses faces donne ρ a³ gobtenu 78.45319999999994, attendu 78.45320000000001, écart 9.06e-16 (tolérance 1e-12)
  • glace dans l’eau de mer : fraction immergée 917/1 025 ≈ 0,894obtenu 0.8946341463414633, attendu 0.8946341463414634, écart 1.24e-16 (tolérance 1e-12)

Sources

Questions fréquentes

Quelle est la formule de la poussée d’Archimède ?

Π = ρ × V × g : la masse volumique du fluide multipliée par le volume immergé du corps et par l’intensité de la pesanteur. Le résultat est en newtons, et la force est dirigée vers le haut.

Pourquoi un bateau en acier flotte-t-il ?

Parce que sa coque contient beaucoup d’air : sa masse volumique moyenne est inférieure à celle de l’eau. Il s’enfonce jusqu’à ce que l’eau déplacée pèse autant que lui.

Quelle part d’un iceberg est sous l’eau ?

Environ 89 % de son volume, car la glace (environ 917 kg/m³) est un peu moins dense que l’eau de mer (environ 1 025 kg/m³). Seuls 10 % environ dépassent.

La poussée d’Archimède dépend-elle de la profondeur ?

Non, pour un corps entièrement immergé dans un fluide de masse volumique constante : la pression augmente avec la profondeur, mais la différence entre le bas et le haut du corps reste la même.

La poussée d’Archimède existe-t-elle dans l’air ?

Oui, l’air est un fluide. Elle est faible, car l’air est environ 800 fois moins dense que l’eau, mais elle suffit à faire monter une montgolfière ou un ballon gonflé à l’hélium.