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Géométrie · 4 affiches · formule n° 1

Le théorème de Pythagore

Dans un triangle rectangle, le carré de la longueur de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des longueurs des deux autres côtés. Sa réciproque permet de reconnaître un triangle rectangle à partir de ses seules longueurs.

Voir les 4 affiches 3 contrôles par le calcul

Dans un triangle rectangle, cc est la longueur de l’hypoténuse, aa et bb celles des deux autres côtés. Dessin : les carrés construits sur les côtés d’un triangle 3-4-5, soit 9 + 16 = 25 carreaux.

Quatre styles

Les affiches

La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.

Ce que dit le théorème

Si un triangle est rectangle, alors le carré de la longueur de son hypoténuse est égal à la somme des carrés des longueurs des deux autres côtés :

a2+b2=c2a^2 + b^2 = c^2
  • cc est la longueur de l’hypoténuse, le côté situé en face de l’angle droit. C’est toujours le plus long des trois côtés.
  • aa et bb sont les longueurs des deux autres côtés, ceux qui forment l’angle droit.
  • a2a^2 se lit « aa au carré » et vaut a×aa \times a. C’est aussi l’aire d’un carré de côté aa : le théorème dit donc que l’aire du carré construit sur l’hypoténuse est égale à la somme des aires des carrés construits sur les deux autres côtés.

L’hypothèse « triangle rectangle » est indispensable. Pour un triangle de côtés 4, 5 et 6, on trouve 42+52=414^2 + 5^2 = 41, alors que 62=366^2 = 36 : l’égalité est fausse, car ce triangle n’a pas d’angle droit.

La réciproque est vraie aussi : si les longueurs aa, bb et cc des côtés d’un triangle vérifient a2+b2=c2a^2 + b^2 = c^2, alors ce triangle est rectangle, et l’angle droit est celui qui fait face au côté de longueur cc. Par exemple, un triangle de côtés 5, 12 et 13 est rectangle, puisque 52+122=25+144=169=1325^2 + 12^2 = 25 + 144 = 169 = 13^2. À l’inverse, si cc est le plus long côté et que a2+b2≠c2a^2 + b^2 \neq c^2, le triangle n’est pas rectangle.

Un exemple

Une échelle de 5 m est appuyée contre un mur vertical, sur un sol horizontal. Son pied est à 1,40 m du mur. À quelle hauteur touche-t-elle le mur ?

Le mur, le sol et l’échelle forment un triangle rectangle : l’angle droit est au pied du mur, et l’échelle est l’hypoténuse. En notant hh la hauteur cherchée, en mètres :

  1. le théorème donne 1,42+h2=521{,}4^2 + h^2 = 5^2 ;
  2. on calcule 1,42=1,961{,}4^2 = 1{,}96 et 52=255^2 = 25, donc h2=25−1,96=23,04h^2 = 25 - 1{,}96 = 23{,}04 ;
  3. la hauteur est positive, donc h=23,04=4,8h = \sqrt{23{,}04} = 4{,}8.

L’échelle touche le mur à 4,80 m du sol. On peut vérifier : 4,82=23,044{,}8^2 = 23{,}04, et 23,04+1,96=2523{,}04 + 1{,}96 = 25.

La réciproque sert tous les jours sur les chantiers, pour vérifier qu’un angle est droit sans équerre. On mesure 60 cm le long d’un mur et 80 cm le long de l’autre, à partir du coin. Si la distance entre les deux repères vaut exactement 100 cm, l’angle est droit, car 602+802=3600+6400=10000=100260^2 + 80^2 = 3\,600 + 6\,400 = 10\,000 = 100^2. Si elle est plus grande, l’angle est plus ouvert qu’un angle droit ; plus petite, il est plus fermé.

Pourquoi c’est vrai

Il existe des centaines de démonstrations. La plus visuelle procède par réarrangement.

On dessine un grand carré de côté a+ba + b. Dans chacun de ses quatre coins, on place une copie du triangle rectangle, de façon que ses deux petits côtés longent les bords du grand carré. Il reste au centre un quadrilatère dont les quatre côtés mesurent cc. C’est bien un carré : en chaque point où deux triangles se touchent sur un bord du grand carré, les trois angles qui s’y rencontrent font 180°, et les deux angles aigus du triangle font ensemble 90°. Il reste donc 90° pour l’angle du quadrilatère.

On écrit alors l’aire du grand carré de deux façons :

(a+b)2=4×ab2+c2(a + b)^2 = 4 \times \frac{ab}{2} + c^2

En développant, a2+2ab+b2=2ab+c2a^2 + 2ab + b^2 = 2ab + c^2, puis en retirant 2ab2ab des deux côtés : a2+b2=c2a^2 + b^2 = c^2.

On peut même se passer du calcul : en déplaçant les quatre triangles à l’intérieur du même grand carré, on peut aussi laisser libres deux carrés, de côtés aa et bb. La surface non couverte est la même dans les deux dispositions, donc c2=a2+b2c^2 = a^2 + b^2.

La réciproque se démontre en une phrase : si a2+b2=c2a^2 + b^2 = c^2, on construit un triangle rectangle de côtés aa et bb autour de l’angle droit. Son hypoténuse mesure a2+b2=c\sqrt{a^2 + b^2} = c. Les deux triangles ont alors les mêmes trois longueurs de côtés, ils sont donc superposables, et le triangle de départ a lui aussi un angle droit.

Un peu d’histoire

Le théorème porte le nom de Pythagore, penseur grec du VIe siècle av. J.-C., mais il était connu bien avant lui, et aucun texte de son époque ne lui attribue de démonstration. Les témoignages sur ses travaux mathématiques sont tardifs, et Proclus, au Ve siècle de notre ère, rapportait déjà cette attribution avec prudence.

La tablette d’argile babylonienne Plimpton 322, écrite vers 1800 av. J.-C. et conservée à l’université Columbia (New York), contient un tableau de quinze lignes. Deux de ses colonnes se lisent le plus souvent comme le petit côté et la diagonale de triangles rectangles à côtés entiers : la première ligne donne 119 et 169, qui vont avec un troisième côté de 120, car 1192+1202=1692119^2 + 120^2 = 169^2. La fonction exacte de la tablette reste discutée : beaucoup d’historiens y voient une liste préparée par un enseignant pour fabriquer des exercices, et l’on évite d’y lire un théorème démontré.

En Inde, les Śulba-sūtras, traités de géométrie liés à la construction des autels, énoncent la propriété pour la diagonale d’un rectangle ; leur datation est incertaine (Ier millénaire av. J.-C.). En Chine, le Zhoubi suanjing l’expose sous le nom de règle gou-gu.

La plus ancienne démonstration complète qui nous soit parvenue est celle d’Euclide, vers 300 av. J.-C. : c’est la proposition 47 du livre I des Éléments (nouvel onglet), et la réciproque est la proposition 48.

Ce que montre l’affiche

Le dessin reprend le triangle rectangle le plus célèbre, de côtés 3, 4 et 5. Sur chaque côté, le programme construit un carré tourné vers l’extérieur et le quadrille en carreaux de même taille : 9 carreaux sur le petit côté, 16 sur le moyen, 25 sur l’hypoténuse. Il suffit de compter pour voir que 9+16=259 + 16 = 25. Comme tous les dessins de la boutique, il est calculé par des programmes écrits pour l’atelier, à partir de la formule elle-même, et existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.

Pour aller plus loin

  • Le théorème de Thalès, l’autre grand théorème de géométrie du collège.
  • La formule d’Euler : le point eiθe^{i\theta} reste sur le cercle de rayon 1 parce que cos2⁡θ+sin2⁡θ=1\cos^2\theta + \sin^2\theta = 1, ce qui est le théorème de Pythagore dans ce cercle.
  • Le grand théorème de Fermat : on trouve une infinité de solutions entières à a2+b2=c2a^2 + b^2 = c^2, mais aucune à an+bn=cna^n + b^n = c^n en entiers strictement positifs dès que n≥3n \geq 3.

Vérifiée par le calcul

Les contrôles de cette formule

Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode

  • a² + b² = c² sur 10 000 triangles rectangles tirés au hasardécart relatif maximal 1.13e-15
  • un triangle non rectangle ne vérifie pas l’égalité
  • triangle du dessin : 3² + 4² = 5² (9 + 16 = 25 carreaux)

Sources

Questions fréquentes

Comment savoir si un triangle est rectangle avec le théorème de Pythagore ?

On utilise la réciproque. On calcule le carré du plus long côté et la somme des carrés des deux autres : s’ils sont égaux, le triangle est rectangle ; sinon, il ne l’est pas.

Comment calculer un côté de l’angle droit plutôt que l’hypoténuse ?

On isole le carré cherché : si cc est l’hypoténuse, a2=c2−b2a^2 = c^2 - b^2, puis a=c2−b2a = \sqrt{c^2 - b^2}. Par exemple, avec une hypoténuse de 13 et un côté de 5, l’autre côté vaut 169−25=12\sqrt{169 - 25} = 12.

Le théorème de Pythagore fonctionne-t-il pour tous les triangles ?

Non, seulement pour les triangles rectangles. Pour un triangle quelconque, on utilise la loi des cosinus (théorème d’Al-Kashi) : c2=a2+b2−2abcos⁡γc^2 = a^2 + b^2 - 2ab\cos\gamma, où γ\gamma est l’angle opposé au côté cc ; quand γ\gamma est droit, on retrouve Pythagore.

Pythagore a-t-il découvert le théorème de Pythagore ?

Non. La propriété était connue en Mésopotamie plus de mille ans avant lui, ainsi qu’en Inde et en Chine, et aucun texte de son époque ne lui attribue de démonstration. La plus ancienne preuve conservée est celle d’Euclide.

Qu’est-ce qu’un triplet pythagoricien ?

C’est un trio d’entiers strictement positifs qui vérifie a2+b2=c2a^2 + b^2 = c^2, comme (3, 4, 5), (5, 12, 13) ou (8, 15, 17). Il en existe une infinité : multiplier les trois nombres d’un triplet par un même entier en donne un autre.