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Probabilités · 4 affiches · formule n° 48

La loi binomiale

La loi binomiale donne la probabilité d’obtenir exactement k succès quand on répète n fois, de façon indépendante, une même épreuve à deux issues. Elle décrit par exemple le nombre de piles en n lancers d’une pièce.

Voir les 4 affiches 13 contrôles par le calcul

Nombre XX de succès en nn épreuves indépendantes ayant chacune la probabilité pp de succès, pour k=0,1,…,nk = 0, 1, \ldots, n. Dessin : les lois exactes pour n=20n = 20 et p=0,2p = 0{,}2 ; 0,50{,}5 et 0,80{,}8 ; un triangle marque chaque espérance npnp.

Quatre styles

Les affiches

La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.

Ce que dit la formule

On répète nn fois une épreuve de Bernoulli, c’est-à-dire une expérience à deux issues, appelées succès et échec. Les répétitions sont indépendantes et la probabilité de succès vaut pp à chaque fois. Le nombre XX de succès obtenus suit alors la loi binomiale de paramètres nn et pp, notée B(n,p)\mathcal{B}(n, p) : pour tout entier kk compris entre 0 et nn,

P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kP(X = k) = \binom{n}{k}\, p^k (1-p)^{n-k}
  • nn : le nombre de répétitions, un entier au moins égal à 1.
  • pp : la probabilité de succès à chaque épreuve, comprise entre 0 et 1 ; 1−p1 - p est la probabilité d’échec.
  • kk : le nombre de succès dont on cherche la probabilité, de 0 à nn.
  • (nk)\binom{n}{k} : le coefficient binomial, qui se lit « kk parmi nn ». Il vaut n!k!(n−k)!\frac{n!}{k!\,(n-k)!} et compte les façons de choisir les kk épreuves réussies parmi les nn.
  • Par convention p0=1p^0 = 1, même quand p=0p = 0.

Espérance et variance. Une variable de loi B(n,p)\mathcal{B}(n, p) a pour espérance E(X)=npE(X) = np et pour variance V(X)=np(1−p)V(X) = np(1-p), donc pour écart type np(1−p)\sqrt{np(1-p)}.

Les conditions comptent. Si les épreuves ne sont pas indépendantes, ou si la probabilité de succès change d’une épreuve à l’autre, la loi n’est plus binomiale. Exemple : on tire 20 boules sans remise dans une urne de 50 boules dont 10 sont gagnantes. Chaque tirage modifie le contenu de l’urne ; la probabilité d’obtenir exactement 4 boules gagnantes vaut environ 0,280 0 (loi hypergéométrique), alors que la loi binomiale B(20;0,2)\mathcal{B}(20\,;\, 0{,}2) donnerait environ 0,218 1. Avec remise, la loi binomiale serait exacte.

Un exemple

On lance 10 fois un dé équilibré et l’on compte le nombre XX de 6 obtenus. Chaque lancer est une épreuve de Bernoulli de succès « obtenir 6 », de probabilité p=16p = \frac{1}{6}, et les lancers sont indépendants : XX suit la loi B(10,16)\mathcal{B}\big(10, \frac{1}{6}\big).

Probabilité d’obtenir exactement deux 6.

  1. Le coefficient binomial : (102)=10×92=45\binom{10}{2} = \frac{10 \times 9}{2} = 45.
  2. La probabilité d’une suite précise avec deux 6 et huit autres résultats : (16)2(56)8=58610=39062560466176\left(\frac{1}{6}\right)^2 \left(\frac{5}{6}\right)^8 = \frac{5^8}{6^{10}} = \frac{390\,625}{60\,466\,176}.
  3. On multiplie : P(X=2)=45×39062560466176=1757812560466176P(X = 2) = \frac{45 \times 390\,625}{60\,466\,176} = \frac{17\,578\,125}{60\,466\,176}, soit environ 0,290 71.

Probabilité d’obtenir au moins un 6. On passe par l’événement contraire : P(X=0)=(56)10P(X = 0) = \left(\frac{5}{6}\right)^{10}, environ 0,161 5, donc P(X≥1)=1−(56)10P(X \geq 1) = 1 - \left(\frac{5}{6}\right)^{10}, environ 0,838 4.

Espérance et écart type. En moyenne, on obtient np=106=53np = \frac{10}{6} = \frac{5}{3} six, environ 1,666. La variance vaut 10×16×56=251810 \times \frac{1}{6} \times \frac{5}{6} = \frac{25}{18}, environ 1,388, et l’écart type environ 1,178.

Pourquoi c’est vrai

La formule. Écrivons le résultat des nn épreuves comme une suite de lettres S (succès) et E (échec). Une suite donnée qui contient exactement kk lettres S et n−kn - k lettres E a pour probabilité pk(1−p)n−kp^k (1-p)^{n-k}, car les épreuves sont indépendantes et l’on multiplie les probabilités. Toutes ces suites ont la même probabilité, et il y en a autant que de façons de placer les kk lettres S parmi nn positions, c’est-à-dire (nk)\binom{n}{k}. Ces suites étant des issues distinctes, on additionne : P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kP(X = k) = \binom{n}{k}\, p^k (1-p)^{n-k}.

La somme vaut 1. D’après la formule du binôme de Newton,

∑k=0n(nk)pk(1−p)n−k=(p+(1−p))n=1n=1.\sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k}\, p^k (1-p)^{n-k} = \big(p + (1-p)\big)^n = 1^n = 1.

C’est de là que vient le nom de la loi.

L’espérance et la variance. On écrit X=X1+X2+⋯+XnX = X_1 + X_2 + \cdots + X_n, où XiX_i vaut 1 si la ii-ème épreuve est un succès et 0 sinon. Chaque XiX_i a pour espérance 1×p+0×(1−p)=p1 \times p + 0 \times (1-p) = p, donc, par linéarité de l’espérance, E(X)=npE(X) = np. Chaque XiX_i a pour variance E(Xi2)−E(Xi)2=p−p2=p(1−p)E(X_i^2) - E(X_i)^2 = p - p^2 = p(1-p), et comme les XiX_i sont indépendantes, leurs variances s’ajoutent : V(X)=np(1−p)V(X) = np(1-p).

Les programmes de l’atelier vérifient tout cela par le calcul : coefficients binomiaux exacts en nombres entiers jusqu’à n=60n = 60, somme des probabilités égale à 1, espérance npnp et variance np(1−p)np(1-p) sur 2 000 couples (n,p)(n, p) tirés au hasard, et comparaison avec 200 000 séries de 20 épreuves simulées pour chacune des trois valeurs de pp de l’affiche.

Un peu d’histoire

Les coefficients binomiaux sont bien plus anciens que la loi elle-même : ils figurent dans le triangle arithmétique, connu en Inde, dans le monde persan et arabe et en Chine bien avant que Blaise Pascal en fasse une étude systématique. La loi binomiale est introduite par Jacques Bernoulli dans Ars Conjectandi, publié en 1713, huit ans après sa mort. Il y démontre aussi la première version de la loi des grands nombres : la proportion de succès se rapproche de pp quand le nombre d’épreuves augmente. Les épreuves à deux issues portent aujourd’hui son nom.

En 1733, Abraham de Moivre montre que, pour nn grand, la loi binomiale de paramètre p=12p = \frac{1}{2} s’approche par une courbe en cloche, résultat généralisé ensuite par Laplace. À la fin du XIXe siècle, Francis Galton illustre ce phénomène avec sa planche à clous, où des billes rebondissent à gauche ou à droite à chaque rangée.

Ce que montre l’affiche

Le dessin montre les lois exactes du nombre de succès en n=20n = 20 épreuves, pour trois probabilités de succès : p=0,2p = 0{,}2, p=0,5p = 0{,}5 et p=0,8p = 0{,}8. Chaque barre a pour hauteur la probabilité P(X=k)P(X = k) calculée par la formule, avec des coefficients binomiaux exacts ; là où deux lois se chevauchent, la barre la plus basse est placée devant. Un triangle sous l’axe marque chaque espérance npnp (4, 10 et 16). Les lois pour 0,2 et 0,8 sont symétriques l’une de l’autre, puisque compter les succès avec pp revient à compter les échecs avec 1−p1 - p. L’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.

Pour aller plus loin

Sources : Loi binomiale (Wikipédia) (nouvel onglet), Binomial distribution (Wikipedia) (nouvel onglet), Binomial Distribution (MathWorld) (nouvel onglet), Binomial Distribution (NIST/SEMATECH e-Handbook) (nouvel onglet), Ars Conjectandi (Wikipedia) (nouvel onglet), Planche de Galton (Wikipédia) (nouvel onglet).

Vérifiée par le calcul

Les contrôles de cette formule

Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode

  • coefficients exacts (BigInt) : C(n, k) = n!/(k!(n − k)!) pour n ≤ 60
  • Σ C(n, k) = 2ⁿ pour n ≤ 60 (exact)
  • valeurs connues : C(20, 10) = 184 756 ; C(52, 5) = 2 598 960
  • Σ P(X = k) = 1 sur 2 000 couples (n ≤ 150, p) tirés au hasardécart maximal 8.44e-15
  • E(X) = Σ k P(X = k) = np sur ces 2 000 couplesécart relatif maximal 8.57e-15
  • V(X) = Σ (k − np)² P(X = k) = np(1 − p) sur ces 2 000 couplesécart relatif maximal 8.60e-15
  • n = 20, p = 1/5 : Σ P(X = k) = 1 exactement (fractions)
  • simulation de 200000 séries de 20 épreuves (p = 0,2) : fréquences à moins de 4,5 écarts types des P(X = k)écart maximal 1.45 écarts types
  • simulation de 200000 séries de 20 épreuves (p = 0,5) : fréquences à moins de 4,5 écarts types des P(X = k)écart maximal 1.95 écarts types
  • simulation de 200000 séries de 20 épreuves (p = 0,8) : fréquences à moins de 4,5 écarts types des P(X = k)écart maximal 2.85 écarts types
  • symétrie : P(X = k) pour p = 0,2 égale P(X = n − k) pour p = 0,8
  • valeur la plus probable = partie entière de (n + 1)p (n = 20 ; p = 0,2 / 0,5 / 0,8 → 4 / 10 / 16)
  • contre-exemple : 20 tirages sans remise dans une urne de 50 boules dont 10 gagnantes ; P(X = 4) ≠ binomiale(20 ; 0,2)hypergéométrique 0.28006 contre binomiale 0.21820

Sources

Questions fréquentes

Comment reconnaître une loi binomiale ?

Il faut répéter nn fois la même épreuve à deux issues (succès ou échec), de façon indépendante, avec la même probabilité de succès pp, et compter le nombre de succès. Si l’une de ces conditions manque, la loi n’est en général pas binomiale.

Quelle est l’espérance d’une loi binomiale ?

Elle vaut npnp : en 10 lancers d’un dé, on obtient en moyenne 10×16=5310 \times \frac{1}{6} = \frac{5}{3} six, environ 1,666. La variance vaut np(1−p)np(1-p).

Comment calculer P(X ≥ 1) avec une loi binomiale ?

On passe par l’événement contraire : P(X≥1)=1−P(X=0)=1−(1−p)nP(X \geq 1) = 1 - P(X = 0) = 1 - (1-p)^n.

Que vaut le coefficient binomial « k parmi n » ?

Il vaut n!k!(n−k)!\frac{n!}{k!\,(n-k)!} et compte les façons de choisir kk éléments parmi nn. Les calculatrices l’obtiennent souvent avec la touche nCr ; on le lit aussi dans le triangle de Pascal.

Quelle différence entre loi de Bernoulli et loi binomiale ?

La loi de Bernoulli décrit une seule épreuve à deux issues ; la loi binomiale décrit le nombre de succès en nn épreuves de Bernoulli indépendantes. La loi de Bernoulli est le cas n=1n = 1.