Nombres · 4 affiches · formule n° 45
Les suites arithmétiques et géométriques
Une suite arithmétique ajoute toujours le même nombre r, une suite géométrique multiplie toujours par le même nombre q. Deux formules donnent la somme de leurs premiers termes sans les additionner un à un.
Quatre styles
Les affiches
La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.
Ce que dit la formule
Une suite arithmétique de premier terme et de raison est définie par : on ajoute à chaque étape, donc . Une suite géométrique de raison est définie par : on multiplie par à chaque étape, donc . Pour tout entier naturel :
- signifie que l’on additionne les termes obtenus pour : il y en a .
- Dans la première ligne, est le terme de rang de la suite arithmétique, et est le dernier terme additionné. La somme vaut le nombre de termes multiplié par la moyenne du premier et du dernier.
- Dans la seconde ligne, est le terme de rang de la suite géométrique de premier terme 1. Pour un premier terme quelconque, on multiplie le tout par : .
- La condition est indispensable : pour , le dénominateur est nul. Dans ce cas, tous les termes valent 1 et la somme vaut simplement .
Les deux formules valent aussi pour des raisons et négatives ou non entières. Quand , la puissance tend vers 0 et la somme infinie existe : .
Un exemple
La somme des entiers de 1 à 100. C’est une suite arithmétique de premier terme 1 et de raison 1, avec 100 termes (, ) :
Une suite arithmétique quelconque. Avec et , les termes sont ; le dixième, de rang 9, vaut , et la somme des dix premiers vaut .
Les puissances de 2. Avec et :
Les moitiés successives. Avec et :
La somme se rapproche de 2 sans jamais l’atteindre ; c’est ce que montre le rectangle de l’affiche.
Pourquoi c’est vrai
Pour la suite arithmétique, on écrit la somme deux fois, une fois à l’endroit et une fois à l’envers, et l’on additionne terme à terme :
Chaque colonne donne , toujours la même valeur. Il y a colonnes, donc , ce qui donne la formule. C’est exactement la figure de l’affiche : deux escaliers identiques, l’un retourné, forment un rectangle de colonnes et de hauteur .
Pour la suite géométrique, on note et l’on multiplie par :
En soustrayant, presque tous les termes se compensent : , soit . Comme , on peut diviser par , ce qui donne la formule. On voit au passage pourquoi est exclu : l’égalité devient et ne dit plus rien de .
Pour , le reste vaut : c’est l’aire du petit morceau laissé vide dans le rectangle de l’affiche.
Un peu d’histoire
Les progressions sont parmi les plus anciens objets mathématiques écrits. Le papyrus Rhind, copié par le scribe Ahmès vers 1550 avant notre ère, partage des pains selon une progression arithmétique (problème 40) et additionne cinq termes d’une progression géométrique de raison 7 : 7 maisons, 49 chats, 343 souris, 2 401 épis, 16 807 mesures de grain (problème 79), soit au total .
Dans les Éléments d’Euclide, la proposition 35 du livre IX donne la somme d’une progression géométrique finie. Au IIIe siècle avant notre ère, Archimède utilise une somme géométrique infinie, , pour calculer l’aire d’un segment de parabole.
Une histoire populaire raconte que le jeune Carl Friedrich Gauss, à l’école, aurait trouvé en quelques instants la somme des entiers de 1 à 100 en les regroupant par paires de somme 101. Les détails de l’anecdote ne sont pas établis, mais l’astuce est bien celle de la démonstration ci-dessus.
Ce que montre l’affiche
À gauche, la figure de la somme arithmétique : les colonnes de 1, 2, …, 10 carreaux (la suite pour de 0 à 9) forment un escalier, et le même escalier retourné le complète en un rectangle de carreaux, d’où . À droite, un rectangle d’aire 2 est découpé en spirale en morceaux d’aires , pris tour à tour en bas, à gauche, en haut et à droite ; il reste un petit carré vide d’aire , d’où la somme . Les deux sommes sont écrites sous les dessins, calculées par le programme. L’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.
Pour aller plus loin
- La suite de Fibonacci, une suite définie elle aussi par récurrence, ni arithmétique ni géométrique.
- Le problème de Bâle et la formule de Leibniz, d’autres sommes infinies célèbres.
- Le triangle de Pascal, dont les lignes ont pour sommes les puissances de 2.
- Suite géométrique sur Wikipédia (nouvel onglet) et Geometric Series sur Wolfram MathWorld (nouvel onglet), en anglais.
Vérifiée par le calcul
Les contrôles de cette formule
Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode
- arithmétique : 2 × somme = (n + 1)(u₀ + uₙ), calcul exact en entiers sur 5000 suites (u₀, r entre −1 000 et 1 000, n jusqu’à 300)
- géométrique : somme = (1 − q^(n+1))/(1 − q), calcul exact en fractions sur 4950 cas (q = p/s, n jusqu’à 60)
- géométrique, raison réelle quelconque (10 000 cas, q entre −3 et 3)écart relatif maximal 1.75e-15
- q = 1 exclu : dénominateur nul, la somme vaut alors n + 1 (limite de la fraction quand q → 1, ici n = 10)10.999994 ; 11.000006
- dessin : deux escaliers de 55 carreaux = rectangle 10 × 11
- dessin : morceaux d’aires 1, 1/2, …, 1/2^8 et un reste d’aire q^(n+1)/(1 − q) = 1/2^8 ; total 2
Sources
Questions fréquentes
Comment calculer la somme des termes d’une suite arithmétique ?
On multiplie le nombre de termes par la moyenne du premier et du dernier terme : (nombre de termes) × (premier + dernier) / 2. Par exemple, 1 + 2 + … + 100 = 100 × 101 / 2 = 5 050.
Comment calculer la somme des termes d’une suite géométrique ?
Pour une raison q différente de 1, la somme 1 + q + … + qⁿ vaut (1 − qⁿ⁺¹)/(1 − q). Si le premier terme vaut v₀, on multiplie ce résultat par v₀.
Comment reconnaître une suite arithmétique ou géométrique ?
Une suite est arithmétique si la différence entre deux termes consécutifs est toujours la même (la raison r). Elle est géométrique si le quotient entre deux termes consécutifs, non nuls, est toujours le même (la raison q).
Que se passe-t-il si la raison d’une suite géométrique vaut 1 ?
Tous les termes sont égaux au premier, et la somme de n + 1 termes vaut (n + 1) fois ce premier terme. La formule avec 1 − q au dénominateur ne s’applique pas.
Une somme infinie peut-elle être finie ?
Oui, pour une suite géométrique de raison q comprise strictement entre −1 et 1 : la somme 1 + q + q² + … vaut 1/(1 − q). Par exemple, 1 + 1/2 + 1/4 + … = 2.



