Analyse · 4 affiches · formule n° 63
Le logarithme népérien
Le logarithme népérien ln x est l’aire sous la courbe y = 1/t entre 1 et x. Il transforme les produits en sommes : ln(ab) = ln a + ln b, pour a et b strictement positifs.
Quatre styles
Les affiches
La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.
Ce que dit la formule
Pour tout réel strictement positif, le logarithme népérien de est défini par une intégrale, et il vérifie une règle de calcul remarquable : pour tous réels et ,
- : le logarithme népérien, ou naturel, de .
- : l’intégrale de la fonction de 1 à . Pour , c’est l’aire sous l’hyperbole entre et ; pour , les bornes sont dans l’autre sens et l’intégrale vaut l’opposé de l’aire entre et 1, donc .
- : la variable d’intégration, qui va de 1 à .
- , : deux réels strictement positifs ; est leur produit.
Autrement dit, est la primitive de sur qui s’annule en 1 : et . C’est aussi la fonction réciproque de la fonction exponentielle : pour et pour tout réel . En particulier .
Règles qui en découlent, pour et : , , et pour tout entier (et même tout réel ).
Les conditions comptent. Le logarithme d’un nombre négatif ou nul n’est pas défini en analyse réelle : l’intégrale ne peut pas franchir , où n’existe pas. Avec , le produit a bien un logarithme, environ 1,386, mais n’a aucun sens. Pour des nombres non nuls de signe quelconque, la règle correcte est .
Un exemple
Un logarithme connu en donne d’autres. Sachant que vaut environ 0,693 147 et environ 1,098 612 :
- , environ 2,079 441.
- , environ 1,791 759.
- , environ .
Résoudre une équation où l’inconnue est en exposant. À partir de combien de doublements dépasse-t-on 1 000 ? On cherche le plus petit entier tel que . Le logarithme est strictement croissant, donc cette inégalité équivaut à , soit , environ 9,965 7. Il faut donc doublements : on vérifie que et .
Pourquoi c’est vrai
Par la dérivée. Fixons et posons, pour , . En dérivant, . Une fonction de dérivée nulle sur un intervalle est constante, donc . Ainsi pour tout ; on prend .
Par les aires, comme sur l’affiche. On découpe l’intégrale en deux : . Dans la seconde, on pose , donc , et va de 1 à :
Géométriquement : étirer une bande sous l’hyperbole d’un facteur en largeur l’écrase du même facteur en hauteur, car la hauteur est . L’aire ne change pas. L’aire de à est donc toujours celle de 1 à : de 1 à 2, de 2 à 4 et de 4 à 8, on trouve chaque fois .
Les programmes de l’atelier vérifient tout cela par le calcul : l’intégrale calculée par la méthode de Simpson redonne sur 1 000 valeurs ; la règle est contrôlée sur 300 couples avec la seule intégrale, puis sur 10 000 couples ; est recalculé par la série et comparé à ses décimales publiées (suite A002162 de l’OEIS).
Un peu d’histoire
Les logarithmes naissent comme outil de calcul : en 1614, l’Écossais John Napier (Neper en français) publie Mirifici Logarithmorum Canonis Descriptio, avec des tables qui ramènent multiplications et divisions à des additions et des soustractions. Le logarithme « népérien » porte son nom en hommage, mais ses tables ne sont pas, à proprement parler, des tables de logarithmes népériens.
Le lien avec l’aire sous l’hyperbole vient ensuite. On date en général cette découverte des travaux de Grégoire de Saint-Vincent, publiés en 1647 : il montre que ces aires ont la propriété d’additivité des logarithmes, et son élève Alphonse Antoine de Sarasa fait explicitement le rapprochement en 1649. On a longtemps parlé de « logarithme hyperbolique ». En 1668, Nicolaus Mercator publie le développement en série de , qui permet de calculer ces logarithmes. Euler, dans son Introductio in analysin infinitorum de 1748, l’appelle logarithme « naturel ou hyperbolique » et le relie à la base . La notation est celle recommandée par les normes, notamment ISO 80000-2 ; beaucoup de mathématiciens et de langages de programmation écrivent encore .
Ce que montre l’affiche
Le dessin trace l’hyperbole pour positif et colorie, sous la courbe, quatre bandes : de à 1, de 1 à 2, de 2 à 4 et de 4 à 8. Chaque bande est deux fois plus large que la précédente, et deux fois moins haute ; le programme calcule son aire par intégration numérique et trouve chaque fois , environ 0,693. L’étiquette « » est posée dans la bande quand elle y tient, sinon juste à côté ; les bornes sont écrites sous l’axe. L’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.
Pour aller plus loin
- La fonction exponentielle, sa fonction réciproque.
- Le nombre e, défini par .
- Le théorème fondamental de l’analyse, qui fait de une primitive de .
- La spirale logarithmique, une courbe où le logarithme règle l’angle.
- La formule de Taylor, qui donne la série de près de 0.
Sources : Logarithme népérien (Wikipédia) (nouvel onglet), Natural logarithm (Wikipedia) (nouvel onglet), Natural Logarithm (MathWorld) (nouvel onglet), Suite A002162 (OEIS) (nouvel onglet), John Napier (Wikipedia) (nouvel onglet).
Vérifiée par le calcul
Les contrôles de cette formule
Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode
- ∫₁ˣ dt/t (méthode de Simpson) = ln x sur 1 000 réels de [e⁻³, e³]écart maximal 1.68e-11
- ln(ab) = ln a + ln b avec la seule définition par l’intégrale (300 couples)écart maximal 3.32e-10
- ln(ab) = ln a + ln b sur 10 000 couples de réels positifs (de e⁻⁵⁰ à e⁵⁰)écart maximal 4.44e-16
- (ln x)′ = 1/x et e^(ln x) = x sur 10 000 réels positifsécart relatif maximal 5.10e-11
- ln 2 = Σ 1/(n·2ⁿ) = 0,693 147 180 559 945… (OEIS A002162)obtenu 0.6931471805599451, attendu 0.6931471805599453, écart 3.20e-16 (tolérance 1e-15)
- ln 1 = 0 ; ln e = 1
- dessin : aires des bandes [0.5 ; 1], [1 ; 2], [2 ; 4], [4 ; 8] = ln 20.693147180560 ; 0.693147180560 ; 0.693147180560 ; 0.693147180560
- légende : ln 2 ≈ 0,693 (tronqué)
- contre-exemple : a = b = −2 donne ab = 4 et ln 4 ≈ 1,386, mais ln(−2) n’existe pas
Sources
Questions fréquentes
Que vaut ln 1 ?
, car l’intégrale de 1 à 1 est nulle. Le logarithme est négatif entre 0 et 1, positif au-delà de 1.
Peut-on calculer le logarithme de 0 ou d’un nombre négatif ?
Non : n’est défini que pour . Quand tend vers 0 par valeurs positives, tend vers .
Quelle est la dérivée de ln x ?
Pour , la dérivée de est . C’est la définition même : est la primitive de qui s’annule en 1.
Quelle différence entre ln et log ?
désigne le logarithme népérien, de base ; au lycée, désigne souvent le logarithme décimal, de base 10, avec . Mais dans beaucoup d’ouvrages de mathématiques et de langages de programmation, désigne le logarithme népérien : il faut vérifier la convention.
Pourquoi ln(e) = 1 ?
Parce que le logarithme népérien est la réciproque de l’exponentielle et que : . Géométriquement, l’aire sous l’hyperbole entre 1 et vaut exactement 1.



