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Analyse · 4 affiches · formule n° 41

Le déterminant

Le déterminant d’une matrice 2 × 2 se calcule par ad − bc. Sa valeur absolue est l’aire du parallélogramme construit sur les deux colonnes, et il est nul exactement quand la matrice n’est pas inversible.

Voir les 4 affiches 8 contrôles par le calcul

Pour une matrice 2×22 \times 2 : |ad−bc||ad - bc| est l’aire du parallélogramme construit sur ses colonnes. Dessin : avec a=3a = 3, b=1b = 1, c=1c = 1, d=2d = 2, le rectangle 4×34 \times 3 privé des six morceaux qui entourent le parallélogramme laisse une aire 12−7=512 - 7 = 5.

Quatre styles

Les affiches

La même formule, le même dessin calculé, en Papier, Nuit, Bauhaus ou Tableau noir. En affiche, toile, plexiglas ou aluminium.

Ce que dit la formule

Pour toute matrice carrée de taille 2 à coefficients réels :

det(abcd)=ad−bc\det\begin{pmatrix} a & b \\ c & d \end{pmatrix} = ad - bc
  • aa, bb, cc, dd sont les quatre coefficients de la matrice : aa et bb sur la première ligne, cc et dd sur la seconde.
  • Les colonnes de la matrice sont les vecteurs (ac)\begin{pmatrix} a \\ c \end{pmatrix} et (bd)\begin{pmatrix} b \\ d \end{pmatrix}.
  • adad est le produit de la diagonale principale, bcbc celui de l’autre diagonale ; le déterminant est leur différence.
  • det\det se lit « déterminant ». On écrit aussi |abcd|\begin{vmatrix} a & b \\ c & d \end{vmatrix}, avec des barres droites.

Trois propriétés donnent tout son sens à ce nombre :

  • Aire. Dans un repère orthonormé, |ad−bc||ad - bc| est l’aire du parallélogramme construit sur les deux colonnes. Le signe indique l’orientation : le déterminant est positif quand on tourne de la première colonne vers la seconde dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (moins d’un demi-tour), négatif dans l’autre sens.
  • Inversibilité. La matrice est inversible si et seulement si ad−bc≠0ad - bc \neq 0. Dans ce cas, son inverse vaut 1ad−bc(d−b−ca)\frac{1}{ad - bc}\begin{pmatrix} d & -b \\ -c & a \end{pmatrix}.
  • Produit. Pour deux matrices carrées AA et BB de même taille, det(AB)=det(A)det(B)\det(AB) = \det(A)\,\det(B).

Le déterminant existe pour toute matrice carrée, de n’importe quelle taille. En taille 3, la règle de Sarrus donne

det(abcdefghi)=aei+bfg+cdh−ceg−afh−bdi.\det\begin{pmatrix} a & b & c \\ d & e & f \\ g & h & i \end{pmatrix} = aei + bfg + cdh - ceg - afh - bdi.

Cette règle ne marche qu’en taille 3 ; au-delà, on développe selon une ligne ou une colonne (développement par cofacteurs), ou l’on échelonne la matrice.

Un exemple

Prenons la matrice de l’affiche, a=3a = 3, b=1b = 1, c=1c = 1, d=2d = 2 :

det(3112)=3×2−1×1=6−1=5.\det\begin{pmatrix} 3 & 1 \\ 1 & 2 \end{pmatrix} = 3 \times 2 - 1 \times 1 = 6 - 1 = 5.

Le parallélogramme construit sur les vecteurs (31)\begin{pmatrix} 3 \\ 1 \end{pmatrix} et (12)\begin{pmatrix} 1 \\ 2 \end{pmatrix} a donc une aire de 5 unités. En échangeant les deux colonnes, on obtient 1×1−3×2=−51 \times 1 - 3 \times 2 = -5 : même aire, orientation inverse.

Le déterminant étant non nul, la matrice est inversible, et le système

{3x+y=5x+2y=5\begin{cases} 3x + y = 5 \\ x + 2y = 5 \end{cases}

a une solution unique. Par les formules de Cramer, x=5×2−1×55=1x = \frac{5 \times 2 - 1 \times 5}{5} = 1 et y=3×5−5×15=2y = \frac{3 \times 5 - 5 \times 1}{5} = 2. Vérification : 3+2=53 + 2 = 5 et 1+4=51 + 4 = 5.

Pour le produit, avec B=(2011)B = \begin{pmatrix} 2 & 0 \\ 1 & 1 \end{pmatrix} (déterminant 22), on trouve AB=(7142)AB = \begin{pmatrix} 7 & 1 \\ 4 & 2 \end{pmatrix}, dont le déterminant vaut 14−4=10=5×214 - 4 = 10 = 5 \times 2.

En taille 3, pour (210131012)\begin{pmatrix} 2 & 1 & 0 \\ 1 & 3 & 1 \\ 0 & 1 & 2 \end{pmatrix}, la règle de Sarrus donne 12+0+0−0−2−2=812 + 0 + 0 - 0 - 2 - 2 = 8, et le développement selon la première ligne donne le même résultat : 2×(3×2−1×1)−1×(1×2−1×0)+0=10−2=82 \times (3 \times 2 - 1 \times 1) - 1 \times (1 \times 2 - 1 \times 0) + 0 = 10 - 2 = 8.

Pourquoi c’est vrai

Montrons que ad−bcad - bc est bien l’aire du parallélogramme, dans le cas de la figure de l’affiche, où les quatre nombres sont positifs et où la première colonne est « couchée » sous la seconde (ad>bcad > bc).

Le parallélogramme a pour sommets O(0;0)O(0\,;0), U(a;c)U(a\,;c), V(b;d)V(b\,;d) et W(a+b;c+d)W(a + b\,;c + d). Il est contenu dans le rectangle de côtés a+ba + b et c+dc + d, d’aire (a+b)(c+d)(a + b)(c + d). Autour de lui, le rectangle contient six morceaux :

  • deux triangles rectangles de côtés aa et cc, d’aire ac2\frac{ac}{2} chacun ;
  • deux triangles rectangles de côtés bb et dd, d’aire bd2\frac{bd}{2} chacun ;
  • deux rectangles de côtés bb et cc, d’aire bcbc chacun.

L’aire du parallélogramme vaut donc

(a+b)(c+d)−ac−bd−2bc=ac+ad+bc+bd−ac−bd−2bc=ad−bc.(a + b)(c + d) - ac - bd - 2bc = ac + ad + bc + bd - ac - bd - 2bc = ad - bc.

Avec les valeurs de l’affiche : 12−(1,5+1,5+1+1+1+1)=12−7=512 - (1{,}5 + 1{,}5 + 1 + 1 + 1 + 1) = 12 - 7 = 5.

Cette figure ne couvre qu’une configuration. La démonstration générale utilise trois propriétés de l’aire orientée A(u→,v→)A(\vec{u}, \vec{v}) : elle change de signe quand on échange les vecteurs, elle est linéaire par rapport à chacun d’eux (cisailler un parallélogramme ne change pas son aire), et elle vaut 1 pour le carré unité. En écrivant u→=ai→+cj→\vec{u} = a\,\vec{i} + c\,\vec{j} et v→=bi→+dj→\vec{v} = b\,\vec{i} + d\,\vec{j}, ces trois règles donnent A(u→,v→)=adA(i→,j→)+cbA(j→,i→)=ad−bcA(\vec{u}, \vec{v}) = ad\,A(\vec{i}, \vec{j}) + cb\,A(\vec{j}, \vec{i}) = ad - bc, quelle que soit la position des vecteurs. Ce sont exactement les propriétés qui caractérisent le déterminant dans toutes les dimensions.

Un peu d’histoire

Le déterminant est apparu avant les matrices, pour résoudre des systèmes d’équations linéaires. On le trouve indépendamment chez le Japonais Seki Takakazu en 1683 et chez Gottfried Wilhelm Leibniz en 1693. En 1750, Gabriel Cramer publie, sans démonstration, la règle qui exprime la solution d’un système à l’aide de déterminants, celle utilisée dans l’exemple ci-dessus.

Le mot « déterminant » vient de Carl Friedrich Gauss, en 1801, mais dans un autre sens : il désignait une quantité attachée aux formes quadratiques. Augustin-Louis Cauchy l’emploie dans son sens actuel en 1812 et démontre la règle du produit det(AB)=det(A)det(B)\det(AB) = \det(A)\,\det(B). La règle de Sarrus porte le nom du mathématicien français Pierre Frédéric Sarrus.

Ce que montre l’affiche

Le dessin reprend la démonstration par les aires, avec a=3a = 3, b=1b = 1, c=1c = 1 et d=2d = 2. Les deux colonnes de la matrice sont tracées en flèches depuis l’origine, et le parallélogramme qu’elles engendrent est posé dans un rectangle 4×34 \times 3, quadrillé en carrés unités. Les six morceaux qui l’entourent sont colorés par paires (triangles acac, triangles bdbd, rectangles bcbc), les longueurs aa, bb, cc, dd sont reportées le long des bords, et le centre porte ad−bc=5ad - bc = 5, calculé par le programme. L’affiche existe en quatre styles : Papier, Nuit, Bauhaus et Tableau noir.

Pour aller plus loin

Vérifiée par le calcul

Les contrôles de cette formule

Avant d'imprimer l'affiche, un programme met la formule à l'épreuve. Voici ce qu'il a calculé (dernier passage le 11 octobre 2026) ; si un seul de ces contrôles échouait, l'affiche ne serait pas produite. Notre méthode

  • aire du parallélogramme (formule du lacet) = |ad − bc| sur 10 000 matrices tirées au hasardécart relatif maximal 7.11e-15
  • det(AB) = det A × det B sur 10 000 couples de matricesécart relatif maximal 1.46e-12
  • 3 × 3 : règle de Sarrus = développement par cofacteurs sur 10 000 matricesécart maximal (rapporté à 1 000) 4.55e-16
  • dessin : comptage sur une grille de 1500 × 1500 points, aire ≈ 5obtenu 5, attendu 5, écart 0.00e+0 (tolérance 0.002)
  • dessin : rectangle 12 − six morceaux 7 = 5 = ad − bc
  • identité (a + b)(c + d) − ac − bd − 2bc = ad − bc sur 1 000 entiers tirés au hasard
  • colonnes proportionnelles : déterminant nul (parallélogramme aplati)
  • échanger les deux colonnes change le signe ; det(I) = 1

Sources

Questions fréquentes

Comment calculer le déterminant d’une matrice 2×2 ?

On multiplie les coefficients de la diagonale principale, puis on retranche le produit de l’autre diagonale : pour la matrice de lignes (a, b) et (c, d), le déterminant vaut ad − bc. Par exemple, pour (3, 1) et (1, 2), il vaut 6 − 1 = 5.

À quoi sert le déterminant ?

Il dit si une matrice est inversible (déterminant non nul) et donc si un système linéaire a une solution unique. Sa valeur absolue mesure aussi l’aire, ou le volume en dimension 3, de la figure construite sur les colonnes.

Que signifie un déterminant nul ?

Les colonnes sont proportionnelles : le parallélogramme est aplati et son aire est nulle. La matrice n’est pas inversible, et le système associé a soit aucune solution, soit une infinité.

Comment calculer un déterminant 3×3 ?

Avec la règle de Sarrus, ou en développant selon une ligne : chaque coefficient est multiplié par le déterminant 2×2 obtenu en supprimant sa ligne et sa colonne, avec des signes alternés + − +. La règle de Sarrus ne vaut qu’en taille 3.

Un déterminant peut-il être négatif ?

Oui. Le signe traduit l’orientation des colonnes : échanger les deux colonnes change le signe sans changer l’aire, qui est la valeur absolue du déterminant.